Retour sur le colloque « Violences conjugales : familles, traumatismes et santé »
Les 27 et 28 novembre 2025, l’association CLAR-TES, en Co organisation avec RESEDA – Réseau de santé du bassin alésien, a accueilli à l’IMT Mines Alès un colloque d’envergure intitulé « Violences conjugales : familles, traumatismes et santé ». Cet événement a réuni plus d’un millier de participants sur deux journées, témoignant de l’intérêt majeur et de l’urgence sociétale que représente cette thématique.
Plus de 1 000 participants Professionnels du secteur médico-social, sanitaire, judiciaire, institutionnel et associatif se sont réunis afin de croiser leurs regards, partager leurs pratiques et renforcer le travail en réseau indispensable à la prise en charge des situations de violences conjugales.
Un engagement institutionnel fort
Le colloque a été marqué par la présence de nombreuses personnalités et représentants institutionnels, parmi lesquels : – Monsieur Jérôme Bonnet, Préfet du Gard, – Monsieur Émile Soumbo, Sous-préfet du Gard, – Monsieur Christophe Rivenq, Maire d’Alès, – Madame Isabelle Fardoux-Jouve, Conseillère départementale en charge de l’égalité femmes-hommes, – Madame Assia Tria, Directrice de l’IMT Alès.
Leur participation a rappelé l’importance d’une mobilisation collective et coordonnée face aux violences intrafamiliales.
Tables rondes : croiser les expertises
Les tables rondes ont réuni des professionnels issus de champs complémentaires : santé, protection de l’enfance, justice, forces de l’ordre et accompagnement social. Tous ont souligné la nécessité d’un travail partenarial étroit, condition essentielle pour repérer, protéger et accompagner durablement les victimes, adultes comme enfants.
Médecins, pédopsychiatres, avocats, policiers, gendarmes, magistrats, responsables institutionnels et éducateurs spécialisés ont partagé leurs constats de terrain et les limites rencontrées dans les parcours des victimes, tout en mettant en lumière les leviers d’améliorations possibles.
Comprendre les mécanismes traumatiques
Les interventions magistrales ont permis d’approfondir la compréhension des impacts psychiques, neurobiologiques et familiaux des violences conjugales.
Le professeur Michel Delage a mis en évidence la violence conjugale comme une véritable effraction psychique, provoquant une fracture de la pensée chez les victimes. L’enfant est doublement touché : par ce dont il est témoin et par la détresse émotionnelle du parent victime. Ces situations enferment la famille dans un « piège traumatique » qui perturbe les cycles de vie, la fonction parentale et les liens d’attachement. L’accompagnement vise alors à remettre en pensée l’événement, à nommer les émotions et à restaurer les capacités relationnelles.
Le professeur Cyril Tarquinio a apporté un éclairage scientifique sur les effets du stress chronique et des expériences d’adversité vécues dans l’enfance (ACE). Ces expériences entraînent de profondes modifications neurobiologiques, immunitaires et épigénétiques, avec des répercussions durables sur la santé mentale et physique. Les traumatismes ne se limitent pas à des conséquences psychologiques : ils constituent de véritables atteintes biologiques, interrogeant notre responsabilité sociale et collective.
Le Dr Karen Sadlier a, quant à elle, rappelé les conséquences neurologiques graves liées à certaines violences, notamment les étranglements, souvent sous-estimés. Elle a également insisté sur l’impact majeur des violences sur la parentalité, la disqualification des mères victimes et les effets délétères sur les enfants : troubles psycho traumatiques, conflits de loyauté, reproduction de modèles relationnels violents ou, à l’inverse, effacement et inhibition. Elle a souligné l’importance des mesures de protection, des accompagnements spécialisés et de la prise en compte prioritaire des besoins de l’enfant.
Un message central : travailler ensemble
Au fil des échanges, un message fort s’est imposé : la lutte contre les violences conjugales ne peut se concevoir qu’à travers une approche globale, coordonnée et pluridisciplinaire. La prévention, le repérage précoce, la protection des victimes et l’accompagnement des familles nécessitent une coopération étroite entre tous les acteurs.
L’association CLAR-TES remercie l’ensemble des intervenants, partenaires et participants pour leur engagement et leur contribution à la réussite de ce colloque, qui s’inscrit pleinement dans une dynamique de sensibilisation, de formation et d’amélioration continue des pratiques professionnelles au service des personnes les plus vulnérables.













